Voici l’histoire d’une personne ordinaire à qui il est arrivé des choses extraordinaires. Cette histoire, c’est la mienne. Je vais vous raconter comment on m’a donné la chance de pouvoir “hacker” le système en partant de moins que rien pour en arriver là où j’en suis actuellement.
J’en connais un rayon sur l’échec. Il devrait y avoir des formations faites pour nous apprendre à échouer. L’échec, c’est le plus grand et le plus merveilleux de tous les diplômes.
Ce que je désire partager avec vous, c’est bien plus qu’une simple opinion, c’est mon vécu. Une opinion, ça se discute, ça peut se juger, on peut aimer ou ne pas aimer cette dernière.
On peut aussi être d’accord ou pas d’accord avec une opinion.

Sauf qu’avec un vécu, avec une histoire, on ne peut pas réagir de la même façon car une histoire, ça touche notre cœur, ça implique nos émotions.

Mon vécu et par définition mon passé, je ne peux pas le changer. Je ne peux pas l’améliorer comme on améliore une création qui ne plait aux autres. Mon vécu, c’est mon identité.
Aujourd’hui, je ne vais pas spécialement vous parler des arts créatifs du web. Je souhaite surtout faire passer un message important, encourageant et positif en racontant mon histoire.

Le poids éternel des étiquettes que l’on nous colle
Dans cette société, du moins dans mon pays, les personnes sont caractérisées de manière binaire dès le plus jeune âge.
Soit on arrive à se faire une place confortable assez rapidement, notamment à l’école, tout en conservant un niveau acceptable, soit nous sommes considérés comme des nuls qui resteront nuls toute leur vie parce que les résultats ne sont pas à la hauteur de leurs grandes espérances.
A l’époque, j’étais le petit garçon introverti et sensible qui était nul à l’école. J’ai commencé à être vraiment nul au collège. J’étais plutôt bon dans ma nullité.
J’étais tellement mauvais que je me suis “auto-descolarisé” vers la fin de la troisième, avant même de passer le brevet des collèges auquel je ne me suis pas présenté. Je devais avoir dans les 14-15 ans.
Je me souviens encore des phrases typiques du genre : “Mais si tu ne travailles pas bien à l’école, tu vas devenir SDF !”.
Vous pouvez ne serait-ce qu’imaginer les conséquences que cela peut produire dans la tête d’un enfant ou d’un ado que de lui dire des choses pareilles ?
Si quelqu’un dit une chose semblable, cela à pour effet de mettre l’enfant ou l’ado dans une totale impossibilité.
Il arrive souvent que des jeunes ne soient tout simplement pas adaptés au système scolaire. Ils ne sont pas nuls et ils ne sont pas non plus fainéants !
Ils sont juste désintéressés. Est-ce un crime de ne pas être intéressé par un système scolaire défaillant, basé sur la compétition et l’individualisme ?
Albert Jacquard à dit ceci :
“Or l’éducation n’a nul besoin de palmarès. À quoi peut bien servir le constat que l’élève X est « meilleur » que l’élève Y ? Ce besoin est arbitrairement suggéré par la société, qui propose en effet à chacun de se contenter du confort intellectuel qu’apporte la soumission à de multiples hiérarchies. Elle nous fait admettre qu’un parcours de vie se résume à un enchaînement de sélections. Pour jouer véritablement son rôle, l’école devrait tout au contraire tenir compte du potentiel créateur de chacun.”

De la dépression majeure à la création salvatrice
Faut-il souffrir pour être un artiste de talent ? Faut-il forcément détruire pour créer ? Doit-on échouer pour réussir ? Je réponds oui à toutes ces questions.
Il faut que vous sachiez que je n’ai pas quitté l’école par plaisir mais plutôt parce que je faisais une dépression. Ce fut l’un des moments les plus difficiles de ma vie.
Une fois déscolarisé, je me suis réfugié dans les jeux vidéos. A travers les jeux vidéos, je vivais des aventures palpitantes qui me faisaient oublier les affreuses convenances et obligations de la vie active.
J’ai une chose importante à dire aux enseignants et aux parents qui diabolisent les jeux vidéos. Jouer excessivement n’est que la conséquence d’un problème, d’une souffrance, ce n’est pas l’origine du problème.
L’échec scolaire n’a rien avoir avec les jeux vidéos. Si ce n’est pas les jeux vidéos, ce serait une autre occupation ou encore bien pire, le suicide.
Peut être que si l’éducation proposait une manière d’apprendre aussi stimulante que les jeux vidéos, il y aurait beaucoup moins “d’échecs” à l’école.
Comme le dit si bien Idrisse Aberkane, “Jouer est la façon normale d’apprendre”.
Il est vrai qu’au début, je n’avais pas envie de faire grand chose de ma vie. J’ai beaucoup joué aux jeux vidéos. Qui a envie de faire quoi que ce soit quand il est profondément déprimé ?
C’est dans la solitude, la souffrance et le désespoir que je me mis alors à créer, puis à apprendre des tas de choses grâce à internet. C’était spontané, j’avais envie de créer et apprendre des choses.

Mais que peut bien faire un garçon déscolarisé de sa vie ?
Je présume que c’est la question, voir même la préoccupation majeure des personnes inquiètes pour l’avenir de leurs enfants en difficulté.
Je ne me souviens plus dans quel ordre c’était, mais à un moment donné, j’ai commencé à créer toutes sortes de contenus comme par exemple des gifs animés, des vidéos avec le logiciel movie maker, des musiques avec un logiciel assisté par ordinateur et même des jeux vidéos.
J’ai aussi eu une période où je réalisais mes premières expériences dans la création de site web et dans le design graphique, appelé plus communément le graphisme.
Au début, le résultat de mes créations n’était pas terrible mais comme j’aimais créer, je continuais à persévérer malgré tout.
C’est en prenant en compte les suggestions d’amélioration des autres que l’on progresse. C’est ainsi que j’ai démarré mon authentique parcours d’autodidacte passionné.
Mais que peut bien faire un garçon déscolarisé de sa vie ? Eh bien il fait les choses qu’il à envie de faire.
Bien sur qu’il faut donner des limites mais ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est de forcer un jeune. Aussi, il faut arrêter de leurs dire des choses du genre :
– Ce n’est pas possible.
– Tu n’y arriveras pas, laisse tomber.
– C’est perdu d’avance.
– C’est bouché, choisis un autre domaine.
– Tu es nul dans ce domaine.
– Youtubeur ? Blogueur ? Ce n’est pas un métier ça voyons !
Si vous voulez maximiser les chances de réussite d’un jeune, il faut lui laisser de la liberté, il faut l’encourager dans ce qu’il aime faire et surtout croire en lui !
J’ai donc beaucoup joué aux jeux vidéos tout en pratiquant les arts créatifs du web quand j’en avais envie, et les années passaient.

Réussir sans diplôme en France, c’est très compliqué
Ayant surtout appris par la pratique, je montais en compétence dans mes domaines préférés quand soudain, un beau jour, je me suis mis à chercher du travail, dans le domaine du web.
Evidemment, je ne pouvais pas être toute ma vie un fardeau pour mes parents, je peux aisément le concevoir à présent. Il fallait bien devenir adulte un jour.
Le problème, c’est que je n’avais donc aucun diplôme en poche et pas même une expérience professionnelle à mon actif.
En France aujourd’hui, même si cela change tout doucement, notamment dans le domaine du web, trouver un job intéressant sans diplôme et sans expérience professionnelle, c’est vraiment difficile pour beaucoup de gens.
Je savais créer des sites en HTML / CSS alors tout ce que j’avais pour CV, c’était un maigre portfolio composé de modestes créations de sites web. Aussi, je me débrouillais pas trop mal en graphisme.
J’ai postulé à plusieurs annonces et je me suis alors rendu à plusieurs entretiens mais sans succès.
C’est là qu’un jour, j’ai vu une annonce particulière sur Indeed, qui était plutôt intéressante.

Une opportunité miraculeuse et inespérée
Une startup dans le domaine du marketing digital avait publiée une annonce intéressante qui proposait un stage de 6 mois en tant qu’intégrateur web.
Ce n’était pas n’importe quel stage qui était proposé et c’est d’ailleurs bien dommage que ce type de stage ne soit pas davantage connu.
En effet, le stage que j’ai effectué a été pour moi un tremplin unique, d’une valeur inestimable.
Ce stage se présentait et se présente encore sous la forme du dispositif ARDAN.
Je ne fais pas de publicité, je suis juste très reconnaissant.
A l’issu de ce stage, j’ai obtenu le titre professionnel “Entrepreneur de petite entreprise”, RNCP Niveau III (équivalent BAC+2 me semble-t-il)
Plutôt génial pour quelqu’un qui n’a même pas le brevet des collèges !
Ce n’est pas tout ! La startup dans laquelle j’ai effectué le stage était satisfaite de mon travail et j’ai pu enfin obtenir le fameux et précieux CDI…
Dans cette entreprise, j’ai pu me perfectionner dans les arts créatifs du web en réalisant plein de choses passionnantes. J’ai pu également acquérir de nouvelles compétences très utiles.

De la défaite à la victoire, un nouveau départ
J’étais heureux dans ce travail mais mon désir d’entreprendre, présent en moi depuis toujours, était si fort qu’il fallait que je démarre un projet qui me ressemble.
Un jour, j’ai décidé de sacrifier mon CDI au sein de cette entreprise plus que géniale pour m’envoler de mes propres ailes et partir à l’aventure.
Cette aventure merveilleuse et imprévisible qu’est l’entrepreneuriat.
Entreprendre, ce n’est finalement rien d’autre que de passer à l’action quand on a une idée.
Ainsi est né le couteau suisse du web. Saviez-vous que j’ai un désir encore plus fort qu’entreprendre ? Cette envie qui dépasse toutes les autres, c’est celle de vous transmettre et de vous partager mes connaissances.

La morale de l’histoire
La grande morale de cette histoire c’est que même si c’est perdu d’avance, il y a et il y aura toujours de l’espoir.
Même si les gens disent que c’est impossible, que ça ne marchera jamais ou des trucs de ce type, il faut se demander si ce qu’ils disent est bien la vérité.
La vérité, c’est qu’il faut essayer. Il faut pratiquer et expérimenter. Il faut parfois passer par l’échec pour obtenir la victoire.
Il faut parfois créer des trucs moches et pas intéressants pour comprendre ce qui cloche, se remettre en question et faire mieux la prochaine fois.
L’école ne vous apprendra pas à échouer ni à développer un mindset d’entrepreneur. Elle ne vous apprendra pas à avoir besoin des autres pour avancer.
Sans les autres, nous ne sommes rien. Sans l’échec, il n’y a pas d’histoires légendaires. Sans la pratique, pas de résultats probants.
Sans la passion, pas d’émotions. Sans combats, pas de triomphes.
La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie.
Un grand merci à la startup qui m’a laissée une chance et un autre grand merci au dispositif ARDAN !
C’était l’histoire d’une personne ordinaire à qui il est arrivé des choses extraordinaires. Merci à vous de m’avoir lu.
Et vous ? Quelle est votre histoire ?

Blog d’Alexandre Nouhaud lecouteausuisseduweb.com